artefacts-ep

artefacts - EP

EP digital - Studio
Artiste : Thierry Zaboitzeff
Label : IMD-ZABMUSIC
Date de sortie digitale : 27/02/2026
Date de sortie physique : 
Distribution digitale : iMusician Digital AG
Distribution Physique : 
Genre: symphonic electro rock - ambient - contemporary classical - alternative - post rock 
Nombre de pistes : 5 | Durée : 28' 35"
Musiciens :
Thierry Zaboitzeff - (interprétation - enregistrement - mixage - basse électrique - violoncelle électrique - voix - claviers - guitare - programmation de percussions et autres instruments acoustiques virtuels)
Composition : Thierry Zaboitzeff
Artwork : Les Designers Anonymes
Notes de présentation : T.Zaboitzeff/D.Desassis
UPC/EAN 4069493648553
N° de Catalogue : 

artefacts - EP - Thierry Zaboitzeff

Les artefacts sont les murmures du temps qui se solidifient. Objets nés de la main humaine, ils portent la mémoire des gestes, des croyances et des savoirs oubliés. Ils sont preuves, traces, erreurs parfois, éclats de cultures disparues ou miroirs de nos usages présents. Défauts techniques, reliques sacrées ou simples outils usés : chacun raconte une histoire, celle de l’homme cherchant à comprendre, créer, survivre et laisser une empreinte fragile dans le monde.

Aujourd’hui, après toutes ces années, je me tiens toujours derrière un micro avec autant de désir, de passion, d'émotion. Quelques syllabes, onomatopées venues du plus profond de ma fantaisie, donnent naissance à des chants étonnants, inouïs. Les harmonies se fondent, se distendent, mon violoncelle et autres cordes frappées, frottées, cognées les rejoignent. Hors de toute école, tout se crée de manière improbable... Ne pensez surtout pas que je suis devenu machine... Je les utilise bien sûr, je les programme, je les joue au même titre que mes autres instruments et jusqu'à présent, c'est moi le chef de la bande !

Ces Artefacts sont un autre témoignage de mon engagement artistique et existentiel, incarnation d’une musique contemporaine aux couleurs « électro rock », parfois symphoniques, où pénombre et lumière ne font plus qu’un, abolissant les frontières du temps.
L’histoire continue de s’écrire.

T.Zaboitzeff/D.Desassis

Compositions, enregistrements, mixage et tous instruments
(piano - guitares - basses - violoncelles - claviers - samplers - programmation - chant...) par Thierry Zaboitzeff

Artwork: Les Designers Anonymes 

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Chroniques

KoSmik muZik (F) - Autopoietican (PER) - Rythmes Croisés (F) - Babyblaue Seiten (D)

 KoSmik muZik (F)



KoSmik muZik : artefacts - EP - THIERRY ZABOITZEFF
Chronique par Thierry Moreau

04/03/2026


Un nouvel EP pour Thierry Zaboitzeff : Artefacts

Avec Artefacts, Thierry Zaboitzeff signe un opus habité, dont les compositions portent un regard à la fois sensible et profond sur le monde et sur la condition humaine.
Il y explore la relation à l’autre, aux autres, à la nature, et interroge les grandes énigmes de l’existence.

Dans un univers poétique, dense et chargé d’émotion, l’artiste sculpte des paysages sonores d’une remarquable richesse, à la fois intentionnelle, émotionnelle
et technique.
Basse, violoncelle, claviers, voix et textures de studio s’entrelacent avec subtilité dans un jeu raffiné de matières et de résonances. Griffures sonores, chœurs
suspendus évoquant A Drum, a Drum, piano préparé, phrasés de claviers aux sonorités moogiennes, stridences aux accents zoydiens dialoguent à distance, tandis que
les percussions et les lignes de basse haletantes insufflent une tension organique, toujours imagée.

Des influences assumées et parfaitement maîtrisées affleurent, telles un écho à la trompette atmosphérique de Jon Hassell ou aux saxophones aux teintes nordiques de
Jan Garbarek, ainsi qu’à Krzysztof Penderecki et aux rythmiciens du début du XXᵉ siècle.

Artefacts convie l’auditeur à contempler un horizon troublé, altéré par quelques artefacts — mirages contemporains évoquant autant les vibrations fantasmées
des cités antiques que certaines visions mythologiques amérindiennes. Entre chaleur urbaine et imaginaire ancestral, Thierry Zaboitzeff façonne un monde immersif
où l’on se laisse volontiers absorber, inquiet et dubitatif face au monde à venir. Les titres proposés instaurent un dialogue constant entre espaces intérieurs et réalités
extérieures. L’artiste devient passeur entre visible et invisible, entre beauté et absurdité du monde contemporain. Les influences multiples — rock, musique classique, minimalisme ou électronique — sont ici transcendées, dépassées, portées au-delà des esthétiques convenues. L’univers musical de Thierry Zaboitzeff s’impose comme un style à part entière, affranchi de toute catégorisation.

Son œuvre s’apparente à une danse rituelle : libre, habitée, essentielle.
Un projet à découvrir sans réserve, bien au-delà des cercles initiés, pour tous les auditeurs en quête d’expériences sonores singulières et profondes.

Thierry Moreau
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 Autopoietican (PER)



AUTOPOIETICAN: artefacts - EP - THIERRY ZABOITZEFF
Chronique par César Inca

22/03/2026

Les nouvelles créations avant-gardistes du maître français THIERRY ZABOITZEFF

BONJOUR, CHERS AMIS D'AUTOPOIETICAN, CÉSAR INCA VOUS SALUE.

Nous vous présentons aujourd’hui le nouvel opus du maître français THIERRY ZABOITZEFF, compositeur et multi-instrumentiste à la carrière prestigieuse au sein du légendaire ensemble ART ZOYD, mais aussi en tant qu’artiste solo. Fin février de cette année 2026 est sorti son nouvel EP « Artefacts », un nouvel échantillon de musique exquise articulée autour de la dimension la plus avant-gardiste de l’idéal hétéroclite du rock progressif. Le génie ZABOITZEFF s’est chargé de tout ce que l’on entend ici : piano, synthétiseurs, violoncelles, guitares, basses, échantillonneurs et programmations. Plus de 40 ans après « Prométhée », son premier album conçu alors qu’il était encore membre d’ART ZOYD, « Artefacts » s’impose comme un témoignage authentique de sa pertinence en tant que créateur de visions expérimentales dans l’art du son. Il ne s’agit pas d’un album conceptuel à proprement parler, mais il est intéressant de prêter attention à ces mots de ZABOITZEFF qui reflètent une idée inspiratrice de cette nouvelle musique : « Les artefacts sont les murmures du temps solidifiés. Les objets créés par des mains humaines portent la mémoire de gestes, de croyances et de savoirs oubliés. Ce sont des preuves, des traces, parfois des erreurs, des fragments de cultures disparues ou des miroirs de nos pratiques actuelles. Les défaillances techniques, les reliques sacrées ou les simples outils détériorés : chacun raconte une histoire, celle de l’homme qui veut comprendre, créer, survivre et laisser derrière lui une fragile empreinte dans le monde. » Le bon THIERRY se considère, en tant qu’artiste, comme le continuateur de ce rôle transformateur et technique de l’être humain à travers l’histoire. Passons maintenant en revue les détails concrets de ce catalogue de nouveaux artefacts sonores.

D'une durée d'environ 8 minutes et 45 secondes, « Inexorabilis » est le morceau le plus long du répertoire ; il s'ouvre avec une forte personnalité et une attitude résolument sophistiquée. Jusqu'à peu avant la deuxième minute, la trame sonore se concentre sur une atmosphère pleine d'attente, avec une base résolument futuriste, savamment agrémentée de vibrations sombres. C’est sur cette base que le thème central devient véritablement somptueux, l’instrumentation étant portée par une densité grisâtre soutenue par un groove de plus en plus sophistiqué. On peut y voir une certaine affinité avec les UNIVERS ZÉRO du milieu des années 80. Un excellent début d’album, sans aucun doute. Vient ensuite « Looking For An Open Path », un morceau plus résolument ancré dans le discours du chamber-rock. La ligne académique postmoderne inspire de manière cruciale les textures et les sillons mélodiques avec lesquels ZABOITZEFF construit ce paysage de fragments crépusculaires et d’énigmes nocturnes. Il y a également des passages explicitement sereins, notamment ceux qui s’appuient sur le piano, mais ceux-ci servent à souligner l’idée qu’une anxiété se cache sous l’élégance aristocratique des motifs successifs. « Le Lune Du Petit Esprit » dégage des vibrations dramatiques dès les premières notes, tandis que la partie centrale crée une ambiance cinématographique aux accents crépusculaires. Le swing programmé s’inscrit dans un registre jazz-fusion et des couleurs orchestrales commencent à jaillir : tout cela permet au thème central de gagner en éclat et en grâce pour dissiper une partie de la brume initiale. Lorsque vient le tour de « Lass Uns Tanzen », un morceau assez court qui ne dépasse pas les 3 minutes, ZABOITZEFF décide de créer une sonate minimaliste et enjouée, centrée sur le piano et les violoncelles. Les syncopes systématiques qui marquent le motif s’enrichissent d’interventions ultérieures de la basse, de la guitare et des percussions.

« Redrawing Reality » clôt le répertoire en adoptant une approche proche de l'ambient électronique, parvenant à établir certains liens esthétiques avec la ligne de travail d'ART ZOYD de la seconde moitié des années 80 à nos jours, tout en accordant une place prépondérante à une spiritualité évocatrice. C’est comme une synthèse des auréoles somptueuses et aristocratiques des morceaux n° 1 et n° 3, avec l’ajout d’éléments cybernétiques (presque à la manière de TANGERINE DREAM) : la présence de ces derniers se fait sentir sans pour autant devenir envahissante ou imposante. Les synthétiseurs imitant les cors et les bois sont les principaux pourvoyeurs de chaleur, tandis que les effluves névrotiques du violoncelle apportent d’intéressantes touches occasionnelles de tension. Malgré ce dernier détail, il s'agit du morceau le plus détendu des cinq. Tout cela était la nouveauté du maître français THIERRY ZABOITZEFF : « Artefacts » est une œuvre assez intéressante qui ne nécessite qu'un peu plus de 28 minutes pour montrer la solidité perpétuelle de l'esprit créatif de cet excellent vétéran du rock progressif d'avant-garde radicale. À plus de 70 ans, il possède une énergie inépuisable qui semble ignorer royalement les lois de la thermodynamique astrophysique contemporaine. Vivement recommandé.

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 Rythmes Croisés (F)




Thierry ZABOITZEFF – Artefacts
Imd / Zabmusic

par Philippe Perrichon 23/03/2026

Voici comment Thierry ZABOITZEFF nous présente le contexte de ce voyage auquel nous invite cet album : « Les artefacts sont les murmures du temps qui se solidifient. Objets nés de la main humaine, ils portent la mémoire des gestes, des croyances et des savoirs oubliés. Ils sont preuves, traces, erreurs parfois, éclats de cultures disparues ou miroirs de nos usages présents. Défauts techniques, reliques sacrées ou simples outils usés : chacun raconte une histoire, celle de l’homme cherchant à comprendre, créer, survivre et
laisser une empreinte fragile dans le monde. »
« Aujourd’hui, après toutes ces années, je me tiens toujours derrière un micro avec autant de désir, de passion, d’émotion. Quelques syllabes, onomatopées venues du plus profond de ma fantaisie, donnent naissance à des chants étonnants, inouïs. Les harmonies se fondent, se distendent, mon violoncelle et autres cordes frappées, frottées, cognées les rejoignent. Hors de toute école, tout se crée de manière improbable… Ne pensez surtout pas que je suis devenu machine… Je les utilise bien sûr, je les
programme, je les joue au même titre que mes autres instruments et jusqu’à présent, c’est moi le chef de la bande ! Ces Artefacts sont un autre témoignage de mon engagement artistique et existentiel, incarnation d’une musique contemporaine aux couleurs « électro rock », parfois symphoniques, où pénombre et lumière ne font plus qu’un, abolissant les frontières du temps. L’histoire continue de s’écrire. »

Cinq titres composent l’ensemble de l’opus qui est organisé comme un périple sonore. Comme Thierry ZABOITZEFF nous y a largement habitués, le compositeur et multi-instrumentiste autodidacte tient ici tous les instruments ainsi que le chant et assure également toutes les étapes de la prise de son, de l’enregistrement au mixage. Difficile dans ces conditions de ne pas aboutir à l’équilibre idéal souhaité par le compositeur. L’énergie et les climats tissent la trame de cette musique, tour à tour sombre ou lumineuse, aux timbres parfois énigmatiques et feutrés – comment ne pas y voir, parfois, de parenté avec la maîtrise des cordes chère à Bélà BARTÓK – ou sous-tendus par une rythmique implacable qui n’offre de temps de répit que pour mieux s’intensifier comme dans Inexorabilis, la première pièce de l’album. Cette prise de son, précise, à l’équilibre soigné, met en relief la texture sonore des timbres des instruments : les violoncelles, les basses, les guitares, les claviers, mais aussi les voix, dont celle du compositeur, tissent un canevas d’une grande osmose.

Inexorabilis exprime une détermination ancrée dans ces couleurs sombres qu’affectionne le compositeur, et pourtant émaillées d’éclats lumineux qui happent l’attention de l’auditeur. Le groove de certains thèmes cohabite ici sans contradiction avec une dimension quasiment symphonique, tout en flirtant avec des climats qui ne sont pas sans évoquer les espaces parfois inquiets explorés également par Daniel DENIS (UNIVERS ZÉRO).

Looking for an Open Path met la lumière sur le mélange des timbres que Thierry ZABOITZEFF manie tel un alchimiste. Sur des nappes d’accords de cordes suspendues, le piano égrène des pizzicati, rejoint par un saxophone… ici l’espace, la respiration, l’attente, le silence prennent une dimension méditative, intériorisée, onirique… les couleurs lumineuses du piano sont suspendues sur des nappes d’accords bleu-nuit, les lignes d’un violoncelle et d’un saxophone lyriques évoquent la giration lente d’un corps céleste.
Puis une ritournelle au piano tisse la toile harmonique et soyeuse d’un solo de saxophone tandis que des sons de cascades et de feuillages se mêlent à ce chemin qui,
peut-être, ébauche des lignes futures d’inspiration.

La Lune du Petit Esprit renoue avec un ancrage rythmique constant, et si les parties instrumentales s’y superposent en un habile contrepoint, chaque phase semble évoquer un cheminement nocturne fantastique. On y appréciera le style propre de Thierry ZABOITZEFF qui sait si bien exploiter les harmoniques du violoncelle qui donnent cette dimension émouvante à ses mélodies. Malgré l’évocation nocturne du titre, cette pièce est toute de lumière.

Lass uns Tanzen est-il une évocation ou une invitation à la danse ? La pièce est construite sur un ostinato haché dont les harmonies sont quasiment néo-classiques, évoquant la musique du quatuor à cordes… un possible intermède pour une musique de ballet ? Cet ostinato s’achève sur une redoublement d’intensité ponctué par un jeu de timbales.
La composition illustre ce souci constant de perfection d’une mise en place efficace et tonique qui anime le compositeur.

Redrawing Reality nous aurait-il été accessible aussi clairement, si la pièce n’avait été placée en cinquième occurrence ? Un leitmotiv arpégé au clavier pose sa trame tout au long de la pièce. S’y dépose une longue mélopée au saxophone qui s’étire sur une profonde vibration tellurique qui n’est pas sans évoquer la lente expiration de Gaïa. Puis le chant doux, comme une prière de Thierry ZABOITZEFF s’y déploie dans cette langue imaginaire et spontanée qui lui est propre. La vibration tellurique réapparaît
alors tandis que le chant se transforme peu à peu en une incantation d’inspiration chamanique qu’emporte le ruissellement d’une pluie bienfaisante.

Entretien avec Thierry ZABOITZEFF
Bonjour Thierry, merci de nous accorder cette interview à l’occasion de la sortie d’Artefacts. Vous vous êtes déjà exprimé sur le choix de ce titre de votre nouvel album, mais ce n’est pas anodin de choisir ce terme qui fait à la fois référence aux objets manufacturés liés à l’archéologie et, également, aux résultats – qui relèvent parfois de la sérendipité – des expériences scientifiques, que ce soit en biologie ou en informatique par exemple. Ainsi la pixellisation accidentelle d’un objet visuel en informatique est-il désigné de la même façon qu’une poterie préhistorique ou qu’une modification moléculaire obtenue lors d’une manipulation chimique. Est-ce une façon pour vous de désacraliser le domaine de la création musicale ou, au contraire, de lui donner la même importance que toute création humaine ?


Thierry ZABOITZEFF : Ni l’un ni l’autre, j’ai autant d’estime pour des actes tout simplement humains
que pour des actes de création artistique qui le sont peut-être parfois devenus grâce aux erreurs humaines.
Je n’oppose pas le commun des mortels à l’artiste, chaque cheminement est fait aussi d’erreurs
volontaires ou involontaires.
J’avoue que ce titre Artefacts m’a incité à me demander si vous aviez puisé dans des compositions antérieures qui n’avaient pas jusque là trouvé leur concrétisation.

TZ : Non ces pièces nouvelles sont nées et apparues sous cette idée d’artefact. Lors des premières mesures durant le processus de composition, je sentais que cela en prenait le chemin, une petite lumière me montrait la voie même si à l’arrivée cette petite lumière avait disparue ou s’était transformée en toute autre chose. Pour créer quelque chose qui opérera une certaine magie, j’ai besoin de m’inventer une histoire et finalement au bout du bout cette histoire n’est plus importante du tout.


Pouvez-vous éclairer nos lecteurs – et moi-même ! – sur le choix des titres de cet album ? Le titre La Lune du Petit Esprit notamment m’intrigue… une histoire zen derrière ce titre peut-être ?

TZ : La Lune du Petit Esprit, cette composition fût terminée le 21 décembre 2025 date à liée au solstice d’hiver, la plus longue nuit de l’année, ayant une signification spirituelle importante dans plusieurs cultures autochtones (la lune du petit esprit). La pièce évoque un temps d’introspection, de renouveau et de respect des cycles de la nature. Voilà pour expliquer brièvement l’origine de ce titre qui selon moi collait parfaitement à ce morceau.

L’ordonnancement des pièces sous-tend-il une intention, un cheminement particulier ?

TZ : Il m’est souvent difficile d’enchaîner des morceaux fort différents sur un album, j’y passe généralement beaucoup de temps, mais cette fois-ci tout s’est placé de manière naturelle. J’ai fait un premier choix et il est resté, car je trouvais les équilibres entre ombres et lumières, agressivité et douceur, introspection et énergie complètement respectés et attirants (selon moi !).

Je suis d’accord, c’est aussi ce que j’ai ressenti. L’album correspond-il à un processus d’immersion continu pour vous ou bien la nécessité de l’ assemblage des pièces qui le composent s’est-il révélé peu à peu ?

TZ : J’ai souvent une base de deux ou trois pièces qui seront l’ossature de l’album et d’autres vont naître dans ce sillage, c’est souvent le cas excepté pour compilations ou archives.

Dans ce travail de composition, parfois dense, à l’écriture serrée et très précise, la musique vous vient-elle d’un seul jet ou des temps de maturation s’imposent-ils entre les différentes étapes du processus de création ?

TZ : Cela commence toujours par une douloureuse page blanche, ça dure parfois, puis l’étincelle vient, une atmosphère, deux accords de piano ou de basse, une construction approximative et fragile, des rires, des larmes, un rejet, puis je reprends jusqu’aux frissons dans le corps, j’abandonne, je reviens, la poésie et l’émotion s’installent, je développe, des sentiers se découvrent, les choix sont difficiles et un jour ou une nuit, tout est là et une grande partie est déjà enregistrée mais cela prendra encore du temps pour recadrer et retrouver l’émotion de départ avant de démarrer le mixage… Mais je vous épargnerais toute les séances de bricolage attenantes.


Je pense que les auditeurs seront saisis par la qualité des timbres, de la texture sonore qui, que l’œuvre soit dense ou aérée, est une signature de votre style : les coups d’archet, la rondeur moelleuse des basses, l’espace sonore dans lequel ces sonorités s’inscrivent et évoluent. Pourrait-on vous qualifier de sculpteur sonore d’une certaine façon ?

TZ : Oui, Sculpture sonore, je crois que c’est une bonne formule, que l’on pourrait transposer à la peinture, à la vidéo, au théâtre, à la mise en scène, la chorégraphie… Loin de moi, l’idée en musique d’aligner des notes des gammes, des grilles et autres démonstrations, je cherche le drame, l’émotion, le charnel, le viscéral, l’esprit, l’inaccessible…

Votre démarche de composition et de réalisation de vos enregistrements a considérablement évolué depuis vos débuts. Depuis plusieurs années, les interactions extérieures dans le processus de création se sont largement réduites : est-ce que ce choix vous a, d’une certaine façon libéré, stimulé, ou a aidé
à renforcer la personnalité de votre style ou bien est-ce un choix guidé par les circonstances ?


TZ : J’ai vraiment joué la carte du groupe lorsque je conduisais ART ZOYD avec Gérard HOURBETTE durant 25 ans : des interactions, il y en avait beaucoup même si Gérard et moi avions de fortes personnalités, chaque musicien qui arrivait insufflait un courant, des idées, mais me concernant, j’avais du mal à accepter que cela dure éternellement, beaucoup d’idées, d’envies différentes s’entrechoquaient dans mon esprit. Je me suis senti hors cadre. Le choix d’une carrière solo m’a complètement libéré et je me suis
reconstruit sur d’autres bases. Mais après de longues années en solo, j’ai vraiment beaucoup de plaisir à travailler épisodiquement avec d’anciens collègues comme Jean Pierre SOAREZ (trompette dans ART ZOYD) par exemple.

Votre niveau de maîtrise est considérable sur l’ensemble de votre démarche : maîtrise de la composition, du jeu instrumental multiple, de la prise de son, du mixage, et, également de la mise en scène de vos prestations publiques. Cette expertise multidirectionnelle constitue-t-elle un champ exploratoire simplement pragmatique ou y a-t-il aussi, pour vous, un challenge motivant à ne sous-traiter aucun des aspects de vos créations musicales ? Car chacun de vos albums constitue un défi important en terme d’innovation et suppose un travail exigeant…

TZ : Merci pour vos commentaires que je prends comme compliments. Effectivement, je suis ambitieux et exigeant, j’ai beaucoup appris par moi même et j’ai souvent des idées très précises sur ce que je veux faire. Ma situation financière ne m’a jamais permis de déléguer, sous-traiter… Par le passé cela s’est produit, mais je n’ai jamais trouvé cela concluant. À partir de cette idée dès les années 96/97, j’ai décidé de m’équiper en matériel informatique, me formant sur le tas autour de mon propre studio et cela continue
en 2026 et chaque production fût effectivement un défi et chaque fois un bonheur. Composer, enregistrer, mixer, masteriser son matériau musical, quelle chance ! Mais cela implique beaucoup de sacrifices derrière.

Avez-vous le sentiment que Artefacts pourrait être un album clé pour aborder votre univers musical– pour une personne qui souhaiterait le découvrir par exemple ?

TZ : Oui, Artefacts pourrait être une porte d’entrée, cet EP de 28 minutes se déroule un peu comme un voyage initiatique, votre chronique l’évoque bien, mais j’ai beaucoup de mal à en juger, j’adore que les auditeurs se fassent leur idée, dans ces musiques, il y a plusieurs couches, plusieurs chemins possibles. Laissez-vous tenter par l’aventure.

Merci pour cet entretien Thierry et nous souhaitons à Artefacts un bel écho de nos lecteurs et du public.

TZ : Merci pour cet entretien.

Chronique et entretien réalisés par Philippe Perrichon


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 Babyblaue Seiten (D)




Thierry Zaboitzeff – Artefacts
Imd / Zabmusic

par Siggy Zielinski 23/03/2026

Si je comprends bien, « Artefacts » n’est pas une compilation d’enregistrements d’archives, mais un album tout juste sorti au début de l’année 2026.
Le terme « artefacts » est ici utilisé de manière symbolique pour désigner la création musicale sous ses multiples formes d’expression. Depuis la nuit des temps, les artistes tentent de laisser leur empreinte dans l’histoire, empreinte qui, avec le temps, ne subsiste parfois que de manière de plus en plus fragmentaire.
Zaboitzeff s’inscrit dans cette tradition et nous avons le privilège d’admirer ses artefacts les plus récents. « Artefacts » est un album composé exclusivement d’enregistrements en solo. Zaboitzeff se révèle (une fois de plus) comme un multi-instrumentiste chevronné, dont les basses, les instruments à clavier, les violoncelles, le piano, les échantillonneurs, le chant et les rythmes programmés forment un groupe à lui tout seul. Dans les passages orientés vers le néoclassique, Zaboitzeff se transforme en un ensemble de musique de chambre à lui tout seul.
L’univers sonore bien particulier de Thierry Zaboitzeff, comme chacun sait, intègre des éléments stylistiques de l’avant-garde, du jazz, de l’ambient, de la musique classique moderne, de l’électronique, des musiques du monde et de l’art rock symphonique, qui reste toujours captivant. L’art rock est un terme que Zaboitzeff aime utiliser pour qualifier sa musique, même si pour de nombreux amateurs de musique de la « scène prog », ce mot désigne un genre musical tout à fait différent.
Chez Zaboitzeff, l’art rock désigne plutôt les figures de style symphoniques et mélodiques présentes dans sa musique, le plus souvent expérimentale.
Il utilise probablement aussi des instruments générés virtuellement, tels que le saxophone et le violon.
Avec Thierry Zaboitzeff, un voyage musical intelligent est toujours garanti.

Note : 10/15

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