Label : Intoxygene - INTOX 023 CD
Date de sortie digitale : 01/10/2004
Date de sortie physique : 2004
Distribution digitale : The Orchard Music (au nom de INTOXYGENE)
et 2 sociétés de gestion des droits musicaux
Date se sortie de l'album physique : 2004
Genre : art rock - ambiant - classique contemporain - alternative - soundtrack - expérimental - électro acoustique...
Nombre de pistes : 12 | Durée : 54:00
Musiciens : Peter Angerer (batterie - percussions sur 2/3/4/5/6/7/8/9/12)
Rupert Bopp (chant, oud, violon sur 1/2/3/4/6/9/12)
Jean Bermes (chant baryton sur 2/3/4/5/6/7/8/9/10/12)
Christine Augustin (chant mezzosopran sur 1/2/3/4/5/6/7/8/9/12)
Thierry Zaboitzeff (chant, guitare basse, guitares, claviers, violoncelle, samplers, programmations des percussions et autres instruments virtuels)
Composition : Thierry Zaboitzeff sauf la piste 10 - W.A. Mozart arrangé by Thierry ZABOITZEFF
Enregistrement et mixage : Thierry Zaboitzeff (Iva Lirma Studio - Rif-Hallein, Autriche)
Artwork : nosfe_rat@hotmail.com
Ici en video la version live de ce projet filmé par Harald Friedl en 2002
Mise en scène : Stéphane Vérité
Scénographie : Gérald Gribé et Emilie Guillon
Conception lumière : Eric Lousteau Carrère
Film : Harald Friedl
Thierry Zaboitzeff : violoncelle, basse, chant, programmation
Peter Angerer : batterie et percussions
Judith Lehner : voix (soprano) et clarinettes
Rupert Bopp : violon, oud, voix
Irene Wallner : voix (alto)
Sebastian Rietz : voix (baryton)
Philippe Colpin : conception sonore
Création / diffusion : Soirée d'ouverture à Posthof-Linz Brucknerfest,
24 et 26 septembre 2002 (Autriche)
Szene Salzburg-République, Longue nuit des musées, 5 octobre 2002 (Autriche)
Maubeuge le Manège, Scène Nationale, 22 octobre 2002 (France)
Marseille, Théâtre Toursky, 18 janvier 2004 (France)
Soutiens : Bundeskanzleramt, Stadt Salzburg, Land Salzburg,
Volkswagen Soundfoundation, Erste Salzburger Sparkasse
Kulturfonds, LIVA, Posthof Linz, SZENE Salzburg.
Plus Prog De Vous (F) - Babyblaue Seiten (D) - Exposé (USA) - Traverses (F) - La Magic Box (F) - Electro Choc (F) - Koid9 (F) - Ventrilocution (P)
Missa Furiosa - Zaboitzeff & Crew
Thierry ZABOITZEFF est un nom que ne devrait pas vous être inconnu si vous lisez ceci. Un indice, peut-être: ART ZOYD. Une formation qui a laissé des traces et dont l’un des moteurs s’est libéré, en 1996, pour défricher d’autres terra incognita – pour lui – et se diriger vers les arts de la scène.
Aujourd’hui il est question de «Missa Furiosa», oui, vous avez bien lu, une messe en latin mais qui n’a que bien peu de lien avéré avec la liturgie. Son auteur résume cette célébration en usant benoîtement de la formule suivante: «Une messe chantée en latin pour un ensemble Techno-Pop, trois chanteurs lyriques, des cordes et des manipulateurs d’électronique.»
Cette création qui brasse musique (instruments acoustiques, amplifiés, électroniques) inventive et originale, chants (voix profonde parfois presque guturale, éthérée seule ou en chœur, «passée» au travers d’un porte-voix) , gestuelle chorégraphiée, panneaux peints (en accord avec les costumes des artistes) qui passent doucement sur la scène , projections saisissantes (fluorescentes ou stroboscopiques) ou effets du réalisateur du film – je ne saurais dire -, éclairages étudiés, chute de papiers brillants, marionnette, mise en scène moderne, a tout pour captiver...à condition de ne pas être un fervent catholique trop dogmatique ou un auditeur rapidement effarouché.
C’est dire l’artiste est modeste et cette réalisation grandiose. Tout a été écrit, composé, mis au point par Thierry ZABOITZEFF à l’exception d’une relecture du requiem de Mozart enjolivé d’un solo à…l’harmonica. Du début à la fin nous allons de surprise en surprise pour finir par être émerveillé par tant d’audace créative. Nous sommes ballottés d’un «genre» à l’autre (je sais, c’est TRES réducteur), d’un rythme à l’autre, bousculés par des arrangements hardis d’une redoutable efficacité. L’ensemble s’impose, au final, non pas comme une évidence mais par la séduction qui produit son effet au fur et à mesure.
Je ne crois pas nécessaire de me lancer dans un descriptif détaillé de «Mïssa Furïosa», depuis sa création de nombreux textes ont été publiés sur le sujet.
Alors pourquoi cet article maintenant?
Je vous laisse écouter/savourer l’album, visionner/admirer le film et vous apporte la réponse, et le lien – somme toute logique – avec la chronique qui suivra demain.
Missa Furiosa - Zaboitzeff & Crew
Thierry Zaboitzeff qualifie son dernier album, « Missa Furiosa », réalisé avec son groupe, de « messe techno-pop ». Eh bien, je crains qu’il ne fasse pas son entrée dans les classements disco avec ça ! La première de « Missa Furiosa » a fait l’objet d’une mise en scène somptueuse au Brucknerfest de Linz en septembre 2002. Le petit label parisien Intoxygene a sorti cette messe sur CD en 2004.
Que peut-on y entendre ? Une messe pour deux solistes vocaux, des chœurs, des claviers, une basse, un violoncelle, un violon, une guitare électrique et une batterie, le tout enrichi de sons électroniques, d’échantillons, de bandes magnétiques, de rythmes et de beats générés par ordinateur, de sons ethniques et du grognement sombre de Zaboitzeff. Zaboitzeff a suivi la structure de la messe catholique traditionnelle (Introït, Kyrie, Gloria, Sanctus, Angus Dei – il a omis le Credo), y a ajouté quelques passages de son cru et a créé un spectacle électro-liturgique, avec des paroles en latin.
Le résultat est dense et riche en sonorités, résolument intéressant et très inhabituel. Une masse sonore sombre, à la manière de Zoyd, côtoie des voix classiques de soprano et de baryton, des chœurs médiévaux mêlés à des rythmes de danse modernes, accompagnés de cordes frénétiques, de pics électroniques planants et de motifs de basse minimalistes et répétitifs. Des chœurs célestes flottent au-dessus de séquences qui se répètent à l’infini, rehaussés par la voix démoniaque de Zaboitzeff, des clochettes et des sons de cordes frénétiques, sur lesquels s’élève le chant finement tissé des deux solistes. Des sons sacrés planants s’entremêlent à des passages intenses qui prennent parfois des accents « zeuhl » ou hystériques (« Dies Irae »), avec des paysages sonores de claviers monumentaux et sonores, un chœur aux accents quasi-gospel (« Gloria »), des « chants de moines » plaintifs, une jungle sonore électronique aux rythmes complexes, de courts passages presque dansants, dominés par la basse, la batterie et la boîte à rythmes, et bien plus encore.
Lors d’une interview, Zaboitzeff a souligné que son œuvre ne recelait aucune intention blasphématoire ni particulièrement catholique. Son objectif était de recréer l’atmosphère sacrée, les rituels religieux et iconographiques (intégrés dans une sonorité moderne et contemporaine) qui l’avaient tant impressionné, enfant, lors de ses visites à l’église. Certains auditeurs pourraient ne pas apprécier les rythmes légèrement techno qui apparaissent parfois, mais une fois qu’on s’y est habitué, « Mïssa Furïosa » devient un album intéressant à écouter, avec une sonorité impressionnante. Le vieil esprit d’Art Zoyd transparaît partout. Étrange, mais bon !
BABYBLAUE SEITEN (D)
Achim Breiling
Missa Furiosa - Zaboitzeff & Crew
Thierry Zaboitzeff est un nom que la plupart reconnaîtront pour ses nombreuses années passées en tant que bassiste et violoncelliste du groupe Art Zoyd, avant de se lancer en solo à la fin des années 90. Nous avons ici ses deux derniers albums, qui abordent tous deux des thèmes conceptuels très anciens et familiers qui auraient pu (et ont d’ailleurs) été des désastres entre les mains d’autres artistes ; au contraire, Zaboitzeff leur a insufflé une nouvelle vie grâce à des traitements compositionnels et des arrangements très imaginatifs et inattendus. Il n’est jamais prévisible, et ces deux albums sont très différents l’un de l’autre, ainsi que de toutes ses œuvres précédentes. *Missa Furiosa* est une approche inhabituelle de la messe catholique séculaire, avec ses versions radicales du « Kyrie », « Gloria », « Sanctus » et d’autres parties qui explorent des horizons musicaux très variés, qu’il s’agisse d’ambiances sombres mêlées à des prières vocales aux accents moyen-orientaux, ou de rythmes électroniques lourds, répétitifs et pulsés, accompagnés d’arrangements denses pour plusieurs voix et chœurs, ces derniers évoquant parfois le côté à la Carl Orff du son classique de Magma. Zaboitzeff se charge de la majeure partie de l’instrumentation (basse, violoncelle, claviers, guitares, programmation, etc.) grâce à de nombreux overdubs et boucles, avec des invités à la batterie, au violon, à l’oud et trois chanteurs. Le résultat final est à la fois moderne et ancien, froid et chaleureux, où des sons et des structures improbables se heurtent les uns aux autres dans une juxtaposition parfois bizarre, mais efficace. *Voyage* est d’un tout autre registre, mettant une nouvelle fois en avant des passages vocaux marquants et des arrangements choraux, mais infiniment plus sombre cette fois-ci, évoquant des univers tordus d’imagerie gothique, enrichis d’une production cinématographique somptueuse et d’éléments intéressants issus de structures folk, classiques, d’avant-garde et minimalistes, le tout mélangé dans le mix. Ajoutez à cela des saxophones et des cuivres (ou des échantillons de ceux-ci) ainsi qu’une utilisation judicieuse d’effets électroniques dans le mixage instrumental. Deux albums puissants qui, bien que fondamentalement similaires, explorent des ambiances et des perspectives très différentes. Tous deux sont à recommander.
EXPOSE (USA)
Peter Thelen
Missa Furiosa - Zaboitzeff & Crew
On n’attendait certainement pas de Thierry ZABOITZEFF qu’il écrive un jour une messe, fut-elle d’un nouveau genre ! Pas de crise mystique là-dessous, ni de reconversion sectariste : le multi-instrumentiste et chanteur a simplement cherché à créer une oeuvre qui traduirait au mieux son goût pour les musiques orchestrales, vocales et théâtrales et les impressions laissées de longue date par le faste des grand-messes catholiques et ses représentations iconographiques, sans aucune arrière-pensée prosélyte.
Ainsi s’est mise en place la Missa Furiosa, qui est, de l’aveu même de son auteur, une «messe chantée en latin pour un ensemble techno-pop, trois chanteurs lyriques, des cordes et des manipulateurs d’électronique». Autrement dit, l’oeuvre se présente comme la confrontation d’un rituel antique avec les développements sonores modernes et ses extensions électroniques.
Le ton est donné dès la Préparation, qui baigne dans une onde synthétique sur laquelle se posent des notes de oud, puis un chant oriental, une voix soprane... Et le prédicateur parle. Pas de doute, cette messe ne sera pas très catholi... je veux dire pas très conventionnelle, même si enracinée dans le rite chrétien. L’Introitus entre alors dans le vif du sujet, avec son chant en latin, soutenu par une rythmique techno d’abord sourde puis plus vindicative. Les cordes s’émoustillent, la «goûle zaboitzeffienne» joue les trublions occasionnels en proférant des interjections ésotériques répétitives («Y-e-ah, Y-e-ah...»), la «rave» écclésiastique démarre avec vigueur, en ménageant toutefois l’auditeur par des cassures rythmiques et atmosphériques. Pour le Kyrie, mezzosoprano et baryton unissent leurs élans vocaux dans un étrange environnement sonore que l’on jurerait investi par des extra-terrestres «tim-burtoniens».
Ainsi chaque prière de la messe (Gloria, Lacrimosa, Dies Irae, Agnus Dei...) brasse-t-elle chants latins emphatiques ou intimistes, feux-follets vocaux (mantras chrétiens, ricanements, imprécations éraillées...), bruitages aux résonances ancestrales et sacrales et manifestations sonores plus typiques du monde laïque contemporain. Mais jamais l’artillerie technoïde ne s’impose plus que de raison, et cette Missa alterne moments charnus, frénétiques, et d’autres plus embrumés, confessionnels, constamment animée d’un lyrisme pour le moins baroque où chants, cordes (violon, violoncelle, oud), vents (clarinette), percussions d’ailleurs, nappes synthétiques et émanations électroniques jouent les vases communiquants de la passion et de la transe plutôt que les partisans des querelles de chapelles, qu’elles soient religieuses ou artistiques. La Missa Furiosa professerait-t-elle l’extase oecuménique ? C’est en tout cas un clergé pour le moins convulsif qui se manifeste ici (Saint-Médard doit traîner dans le coin...), et qui trouve tout juste le temps de reprendre son souffle et son sérieux compassionnel le temps d’un Requiem emprunté à MOZART, certes métamorphosé (solo d’harmonica inclus !) mais toujours imposant. La messe s’achève sur un Libera Me martial et habité que même MAGMA pourrait envier.
La grande force de la Missa Furiosa est qu’elle passe outre les cloisons étanches entre les univers artistiques profanes et sacrés. Elle introduit la transe des fêtes modernes dans le rite chrétien, à moins qu’elle n’installe le formalisme religieux dans l’extase électro-technoïde. On en ressort lézardé de frissons autant physiques qu’intérieurs. Cette oeuvre a bien mérité son absolution.
TRAVERSES (F)
Stéphane Fougère
Missa Furiosa - Zaboitzeff & Crew
Si vous êtes à la recherche de musiques originales et décalées, voici pour vous La Missa Furiosa . Plus qu'un Opéra rock, La Missa Furiosa est avant tout une messe chantée en latin par un ensemble techno-pop. D'abord visuel, ce spectacle devient ici une œuvre musicale à part entière. Thierry Zaboitzeff (ex-Art Zoyd), créateur de cette œuvre, se définit comme un sculpteur d'espace sonore.
Mais les représentations sont encore rares. La dernière s'est produite début 2005 à Marseille. L'album est sorti dans les bacs dans la foulée, histoire de vous frustrer à l'idée de ne pouvoir mettre des images sur ce que vous entendrez. Car La Missa Furiosa a le modernisme d'un Starmania du 21 e siècle pour la puissance d'un Requiem de Mozart…
Débutant sur un duo vocal aux allures orientales, la musique s'oriente rapidement vers des ambiances techno post modernes décadentes, pouvant décontenancer avant d'émerveiller le spectateur, comme il a pu en être, en 1996, à la projection de Romeo+Juliette de Baz Luhrmann.
La Missa Furiosa est une fusion très réussie entre les arts visuels et sonores, et mériterait à ce titre une reconnaissance plus large. Nous vous invitons donc à découvrir sans tarder cette œuvre intemporelle pluridisciplinaire.
LA MAGIC BOX (F)
Mike
Missa Furiosa - Zaboitzeff & Crew
Ex co -leader du groupe Art Zoyd, Thierry Zaboitzeff poursuit son parcours sans Art Zoyd.
Thierry apportait le côté lyrique et rock que le groupe a désormais perdu...
Missa Furiosa est bien plus convainquant que le Art Zoyd actuel tant il a su faire une synthèse entre le passé et les innovations de courants plus ancrés de notre contemporanité sonore.
Alchimie savante et intuitive entre électro, rock et chant lyrique ou gutural en latin, relents "zeuhl" et gothiques ou cold wave...
Ce disque sombre est teinté d'humour, son écoute est à lire au second degré, ni voyez pas de quelconques blasphèmes parce qu'on y décèle des incursions de chants religieux...
Cet opéra techno- lyrico -rock -contemporain est bien plus vivifiant que les groupes gothiques qui alignent clichés sur clichés... Un must!!!
TM
Missa Furiosa - Zaboitzeff & Crew
KOID9 (F)
Thierry Zaboitzeff n’est pas un inconnu pour l’amateur de Rock Progressif. En effet, on trouve la trace de ce multi instrumentiste dés 1976 au sein du groupe Art Zoyd où il compose avec Gérard Hourbette une musique radicalement neuve, associant brillamment les instruments classiques à l’électronique et l’électro-acoustique.
En 1996, Thierry quitte le groupe pour se consacrer à ses propres projets où la musique n’est qu’un pan dans une approche culturelle beaucoup plus exhaustive. Le spectacle total est le but avoué de ce sculpteur d’espaces sonores qui entend intégrer ballets, danses, théâtre, électronique, chœurs et images en un seul environnement scénique.
Cette "Missa furiosa" fut d’abord un évènement, créé en Autriche en 2002, qui rassemblait des chanteurs lyriques, un orchestre de cordes, des manipulations électroniques et Zaboitzeff lui-même, en tant que principal interprète, chanteur, violoncelliste, bassiste, guitariste, etc...
Ce CD est donc la bande originale de ce show, et on peut oser avancer qu’il s’agit d’une messe chantée en latin au travers d’un ensemble Techno Pop. Rien que ça!
Signalons avant l’écoute, qu’il n’y a pas de volonté de promotion religieuse, catholique ou autre, de la part du musicien. On est très loin des errements de Neal Morse. Thierry précise d’ailleurs que quelques chants aux couleurs de l’islam ou du bouddhisme ont pris leur place dans son projet, et que l’intérêt d’une messe musicale réside dans son cérémonial, son rituel, sa communion, sa transe et bien sûr dans son orchestration.
Si le premier titre "préparation" est conforme à ce que l’on attendait, envolée incantatoire de chaque soliste dans un climat oriental, puis citation de l’Ecclésiaste ("tout n’est que vanité..."), "introitus" voit l’émergence d’un rythme Techno que l’on sentait sous-jacent, accompagné de voix classiques chantant en latin. C’est assez curieux mais pas inintéressant. Surtout que le rythme répétitif est plus complexe qu’il n’y parait, un peu comme le faisait Steve Hillage dans son System 7. On entend nettement des cloches d’église, des samples de cris, des accompagnements de violoncelle, plein de petits additifs qui attirent l’attention. Mais attention, le rythme peut s’accélérer, donner dans la Trance avec claviers et synthés qui dépotent comme en boîte de nuit.
Le "kyrie" abandonne ces trépidations pour revenir à un tempo moins basique qui permet aux solistes de chanter cette pièce incontournable dans toute messe. Notons quand même que l’on est très loin du "kyrie" traditionnel, l’accompagnement étant ici assez étrange. "Gloria" possède un groove "Zeuhlien". D’abord la basse virevoltante, ensuite des chœurs aigus et scandés, qui rappellent Magma (la fin de "Mekanik... " par exemple), un développement instrumental technique et mélodique avec un saxophone tout droit sorti d’Uniweria Zekt, puis des chants abruptes qui font tellement penser au groupe de Vander que l’on se demande si les paroles sont en latin ou en kobaïen.
"Les moines" est un petit titre, sans percussion, calme et réfléchi, méditatif aussi, très bien servi par les mélopées des solistes. C’est le seul morceau possédant une évidente connotation religieuse.
Le "lacrimosa" est assez curieux avec son rythme sautillant (je ne dirais pas Funk, mais pas loin) en contraste complet avec les paroles, les voix, la mélodie. Impressions mitigées de l’auditeur devant ces oppositions voulues par Thierry Zaboitzeff.
La messe se poursuit avec les étapes connues : "sanctus", "dies irae", "libera me", un emprunt au Requiem de Mozart "Agnus dei", totalement méconnaissable ici par un traitement sévère à l’harmonica qui répond au soprano solo sur 2 pistes musicales superposées. Très bizarre, pas évident pour le mélomane, encore moins pour l’amateur de Prog ou de Rock.
Il est évident que cette messe est une musique qui ne se donne pas. Comme toute œuvre un tant soit peu originale ou novatrice, il faut que l’auditeur fasse un effort de compréhension, que plusieurs écoutes soient réalisées, et là, petit miracle, on se rend compte alors de la qualité mélodique de l’ensemble, de la beauté des contrastes, de la clarté des chants sublimée par l’orchestration imprévisible. Je dirais que le tout fusionne et fonctionne !
Et puis, il ne faut pas oublier qu’on ne discerne que la partie émergée de l’iceberg. Ce CD ne propose que la musique d’un spectacle total et cette "Missa furiosa" étonnante est probablement plus assimilable, plus à son aise dans ce contexte, avec des images géantes, des éclairages fous, des acteurs, des ballets et ...des spectateurs.
Ceux qui voudront en juger par eux-mêmes se rendront au théâtre Toursky de Marseille, le 18 janvier 2005, date où cette grande messe sera présentée à nouveau en version concert.
KOID9 (F)
Dominique Reviron
Missa Furiosa - Zaboitzeff & Crew
Extravagant, scandaleux ou tout simplement audacieux ? Aussi absurde que cela puisse paraître, il est extrêmement difficile de répondre à cette question à la lumière de l’album « Mïssa Furïosa » de Thierry Zaboitzeff, d’une étrangeté immense, sans faire appel à un peu de tout cela. Des lignes vocales d’une finesse exquise, mêlées à des cordes d’une brillance poignante, abondent dans cet opus, tout comme divers délices électroniques qui permettent de trancher la question : s’agit-il vraiment d’une œuvre extravagante ou non ? Certes, l’intégration de beats et de rythmes techno pourrait tout à fait servir cet objectif, mais, d’un point de vue purement viscéral, cela ne me convient pas vraiment. Bien sûr, comme ils ne représentent qu’une petite partie de ce qu’est *Mïssa Furïosa*, ils deviennent plutôt inoffensifs, surtout face à des œuvres de puissance et de faste telles que le « Gloria », d’une variété exceptionnelle. Quoi qu’il en soit, rien ne change le fait que *Mïssa Furïosa* est une approche inhabituellement réfléchie de la nature et des codes du chant funèbre catholique traditionnel, d’autant plus au vu des diverses adaptations et digressions qui y sont apportées par le travail de fond de Zaboitzeff. À recommander, mais uniquement si le fanatisme religieux ne pose pas de problème.
VENTRILOCUTION (P)
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